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Edith Stein: Traduction par Carmela Cardone |
5.2 Edith et sa mère Auguste
Le rapport profond avec sa mère Auguste, fidèle pratiquante de la foi hébraïque, nous aide à mieux comprendre la conviction dEdith sur la non-incompatibilité entre les deux religions, lhébraïque et la chrétienne. Cest la dernière foi quEdith accompagne sa mère à la synagogue, pour la fête des Tabernacles (elle va entrer au Carmel); rentrant à la maison sa mère lui demande: "Ce nétait pas beau le sermon?" - "Si". Dans la foi hébraïque aussi on peut être religieux, nest-ce pas?" "Certainement, quand on na pas connu autre chose". Alors sa mère ajoute, désolée: "Et toi, pourquoi las-tu connu? Je ne veux rien dire contre Lui, il sera certainement un homme très bon, mais pourquoi il sest fait Dieu?" (1).
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Mère et fille souffrent terriblement, au point quEdith écrit: "Jai dû franchir le pas toute seule et complètement plongée dans la nuit de la foi. Souvent, au cours de ces semaines si difficiles, je me suis demandé laquelle dentre nous deux, maman ou moi, y perdrait sa santé. Mais nous sommes restées fermes sur nos positions jusquau dernier jour" (2). Pourtant Edith garde de ladmiration pour la foi de sa mère, qui ne dérive pas dun pur instinct damour filial, mais de sa forte conviction que Dieu opère même au delà des frontières de lEglise, quil opère même dans les autres religions.
Quelques lettres écrites en 1936, en 1938 et en 1939, rappellent la mort de sa mère: "Dieu la emportée avec Lui rapidement". "Aujourdhui elle (sa mère) fête son 87ième anniversaire avec notre bien-aimée Sainte Thérèse". Thérèse de Lisieux: cétait en effet le 3 octobre 1936, le jour, à ce temps-là, de sa fête. Comme on le voit bien, elle met sa mère au ciel en compagnie dune sainte canonisée aucune réticence sur le destin de ses parents juifs!
Cette manière de sentir va de pair avec son affirmation: "Ma mère est restée fidèle à sa foi. Mais, étant donné que cette foi et le complet abandon dans son Dieu lont accompagnée dès son enfance jusquà lâge de 87 ans, et quils sont restés allumés en elle jusquà la fin, même quand elle luttait contre la mort, je suis convaincue quelle a trouvé un juge très généreux et quà présent elle maidera pour atteindre mon but". Edith arrive même à attribuer des pouvoirs dintercession à sa mère: en commentant la visite que son frère lui avait rendue avant son départ pour lAmérique, elle écrit à son amie Hedwwig Dulberg: "Le jour des morts nous rappellerons, toutes les deux, nos mères. Cette pensée est pour moi une consolation. Je crois fermement que ma mère a le pouvoir daider ses fils en danger" (4 octobre 1935).
Pour son "cher maître" aussi, le prof.Edmund Husserl, qui était mourant (1938), Edith sexprime avec une grande ouverture desprit: "Je ne suis pas du tout préoccupée pour mon Maître bien-aimé. Je nai jamais pensé que la miséricorde de Dieu soit circonscrite aux limites visibles de lEglise. Dieu est la vérité. Celui qui cherche la vérité, cherche Dieu, quil en soit conscient ou non" (3). Comment ne pas apprécier ces anticipations prophétiques prises par lEglise, à parir du Concile Vatican II, au sujet des rapports oecuméniques, et notamment avec les Juifs ?
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6 - Edith et la persécution nazie
Au début des années 30 lAllemagne était en pleine crise économique et dans une grave instabilité politique, pendant que, lentement mais inexorablement, le parti national-socialiste de Hitler montait au pouvoir. En ces années-là, Edith était professeur chez les Dominicaines de Speyer (1932-1933), et ensuite à lInstitut de Pédagogie Scientifique de Munster (1932-1933). Mais, en même temps, elle était engagée dans des conférences publiques très demandées et appréciées sur les problèmes de léducation et du rôle de la femme.
Attentive, depuis toujours, à lhistoire du monde et élevée comme chrétienne à interpréter les événements à la lumière de lEvangile, elle comprit vite le caractère totalitaire et antichrétien du mouvement nazi: "Il ny a rien aujourdhui qui nous manque autant que le baptême dans lesprit et dans le feu Dans la grande bataille qui, plus que jamais, se combat entre Christ et Lucifer, il existe des femmes qui sont appelées par vocation à former les hommes qui doivent aller au front. Nous armer pour la lutte et rester armées en permanance: Voilà notre devoir le plus pressant!" (4). Cest ainsi quEdith sadressait à ses auditrices. Entre temps elle se demandait quelle était la place quelle devait avoir au front.
Edith na pas de mal à comprendre immédiatement lavenir: le nazisme, incarnation du Malin, ennemi de la Croix, combat Dieu-même et son plan salvateur; pour cela il voudra détruire le judaïsme, comme fondement de la même religion chrétienne et éliminer "la peste hébraïque-chrétienne" pour instaurer le règne de la race aryenne.
En 1931, au moment de prendre congé de ses élèves de Speyer, lune delles lui dit: "Mais, mademoiselle, vous êtes bouleversée!". "Je ne peux pas mempêcher dêtre triste et de magiter, quand je sais quHitler arrêtera très vite mes parents et moi-même. Quoi faire?" (5).
Cest le premier vendredi du mois davril 1933: cest justement dans la chapelle du Carmel de Cologne qu'Edith a une profonde expérience spirituelle: "Je madressais intérieurement au Seigneur, en Lui disant que moi, je savais que cétait justement sa Croix qui était imposée à notre peuple: La plupart des juifs ne reconnaissaient pas le Seigneur, mais ceux qui comprenaient nauraient pu se passer de porter la Croix. Voilà ce que je désirais faire. Je Lui demandai seulement de me montrer comment".
En se sentant sérieusement impliquée dans le sort de son peuple, elle continue à sinterroger si elle pouvait faire quelque chose pour le problème des juifs. "Enfin javais décidé de me rendre à Rome et de demander une Encyclique au Saint-Père [PieXI], dans une audience privée". Comme ce projet fut jugé irréalisable (de lavis de son directeur spirituel, lAbbé de Beuron, Don Walzer), Edith se contente décrire une lettre au Saint-Père, dans laquelle elle ne se limitait pas à parler des juifs, mais aussi du futur de lEglise en Allemagne. "Je sais quon a livré ma lettre directement et encore fermée je me suis souvent demandé si la teneur de mon message avait suscité, de quelque manière, lattention du Souverain Pontife. Les prévisions que jy faisais pour ce qui concerne la destinée des catholiques en Allemagne, se sont ponctuellement accomplies" (6).
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Selon P. Jan H. Nota, jésuite hollandais, qui fut ami dEdith et qui a ensuite approfondi sa pensée, cette démarche dEdith aurait influencé les positions prises par Pie XI contre le racisme et lantisémitisme (7). Sur le plan de laction en faveur de son peuple, Edith a fait ce qui lui était humainement possible. Mais le Seigneur lui ouvre des chemins nouveaux damour héroïque pour ses frères juifs.
Pendant le même carême de 1933, hôtesse casuelle dun collègue de lInstitut de Munster, Edith, que lon ne connaissait pas comme juive, reçoit beaucoup dinformations des journaux américains sur les atrocités commises contre les juifs allemands. "Javais déjà su des persécutions mais en ce moment-là je compris avec clarté que le destin de ce peuple faisait corps avec le mien" (8 ).
Si Edith doit participer à la destinée de son peuple, et si cette destinée cest de porter la Croix du Christ qui lui est imposée on comprend comment ces expériences spirituelles la préparent à son pas définitif. Cest ainsi quelle sexprimait peu après. "Ce nest pas lactivité humaine qui peut nous sauver, mais seulement la passion du Christ. La partager. Voilà mon aspiration!" (9).
7 Loffre : lEpouse de lAgneau
En tenant compte quune caractéristique de la personnalité dEdith est la complète intégration entre la pensée et la vie, entre les analyses, les élaborations philosophiques et théologiques et lexpérience mystique, on comprend comment la vie de carmelite représente pour elle la pleine réalisation de sa vocation de femme: "Lunion nuptiale de lâme avec Dieu est le but pour lequel elle a été créée: rachetée par la Croix et trouvant son accomplissement dans la Croix, lâme est marquée pour léternité du sceau de la Croix" (10).
Dans son écrit de quelques années avant (1931) sur la "Vocation de la femme", Edith avait exposé sa manière dentendre "lépouse du Christ": "Elle est debout à son côté, comme lEglise et comme la Mère de Dieu Elle est là, pour aider loeuvre de la rédemption. Le don total de son être et de sa vie la fait entrer dans la vie et dans les souffrances du Christ, en lui permettant de compatir et de mourir avec Lui, de cette terrible mort qui fut pour lhumanité la source de la vie. Lépouse de Dieu connaît ainsi une maternité surnaturelle qui embrasse lhumanité entière, soit quelle participe activement à la conversion des âmes soit quelle obtienne, avec son sacrifice, les fruits de la grâce pour ceux quelle ne rencontrera jamais sur le plan humain" (11).
Cest là le projet divin qui sest réalisé pleinement dans la vie dEdith: le 14 octobre 1933 elle entre au Carmel de Cologne: le 15 avril 1934 elle prend lhabit du Carmel et le nom de Thérèse Benoîte de la Croix, comme elle lavait demandé; le dimanche de Pâques 1935 elle est appelée à la profession simple; le 30 mai 1938 elle fait la profession solennelle qui lunit définitivement au Christ.
Par lexpérience de la Croix avait commencé le chemin de la conversion. Le jour du baptême elle sétait sentie fortement attirée par la vie carmélite, dont le trait fondamental - comme elle-même le décrit "consiste à souffrir avec le Christ unies au Seigneur le Christ continue à souffrir en elles à intercéder pour les pécheurs à travers une souffrance librement acceptée et joyeuse pour participer ainsi à la rédemption de lhumanité" (12).
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Carmel de Cologne |
Au Carmel, en vivant inténsement cette vocation, elle pourra dire: "A présent je sais mieux ce qui signifie être lépouse du Seigneur sous le signe de la Croix. Il est évident que lon ne peut facilement comprendre car cest un mystère cest aux pieds de la Croix que jai compris le destin du Peuple de Dieu qui était déjà en train de se profiler. Jai pensé que celui qui le comprend doit prendre sur lui la Croix du Christ pour tout le monde" (13).
Quand, pendant la fameuse Nuit des cristaux (8-9 novembre 1938) se déchaîna le fanatisme nazi contre magasins,maisons, et même contre les gens juifs, les soeurs sont épouvantées, et Soeur Bénédicte (Edith) sexclame: "Cest lombre de la Croix qui sabat sur mon Peuple! Oh, sil pouvait comprendre, maintenant !" (14).
Cest là le fondement de la théologie steinienne du judaïsme Edith Stein aime toujours son peuple, mais elle le perçoit par les yeux et par le coeur du Christ. Elle sadresse à Lui et voit que sa propre Croix a été mise sur les épaules du Peuple juif. En dautres termes le sort du Christ avec le nationalsocialisme est aussi celui des juifs. La mission de tous les deux est identique".
Edith ne sépare jamais le Messie de son Peuple messianique LAntéchrist (le nazisme) hait en ce Peuple son caractère messianique, et donc le lien profond, vital, naturel avec le Christ. Cest à la lumière de lapprofondissement du mystère dIsraël sous la Croix, au delà du contexte historique, quil faut comprendre son amour, sa compassion et aussi ses critiques: "Le grave péché des Juifs, pour Edith, si lon doit parler de péché, cest doublier leur mission et donc de trahir leur propre identité: peuple messianique, peuple du Messie, mais aussi Peuple Messie" (15).
Le 30 janvier 1939 Hitler décrète et annonce lanéantissement de la "race juive". Les signes de limminence du conflit sont évidents. Le 31 décembre Edith se réfugie au Carmel dEcht en Hollande, où le mois daoût de 1940 la rejoindra sa soeur Rose. Dans cette situation dramatique Soeur Bénédicte se serre toujours plus contre le Coeur de Jésus "pour devenir ta véritable épouse. Je te promets solennellement: chaque fois que je devrai faire un choix, je choisirai ce qui te réjouira davantage". Elle fait donc le voeu du "plus parfait".
Quelques semaines après, elle demande à sa prieure de Cologne (qui est restée sa supérieure) lautorisation à "moffrir au Coeur de Jésus comme victime expiatoire pour la paix véritable, espérant que le règne de lAntéchrist sécroule, si possible, sans une nouvelle guerre mondiale et que lordre soit renouvelé ".
Enfin elle écrit un Testament spirituel: "Dès à présent jaccepte la mort que Dieu ma destinée, par une soumission totale à sa volonté très sainte. Je prie le Seigneur de bien vouloir accepter ma vie et ma mort pour sa gloire, pour les intentions du Saint Coeur de Jésus, du Saint Coeur de Marie et pour les intentions de lEglise. Spécialement en expiation du refus de la foi de la part du peuple juif, afin que le Seigneur soit accueilli des siens et que son règne vienne dans la gloire; pour le salut de lAllemagne et pour la paix dans le monde" (16).
8 - L'olocauste : Edith martyre en tant que catholique et juive
Soeur Bénédicte naffronte pas témérairement le martyre. Se souvenant des paroles de Jésus (Mt.10,23): "Quand on vous persécutera dans une ville, sauvez-vous dans une autre", en accord et de lavis de ses mêmes supérieurs, elle avait cherché à se faire accueillir dans un Carmel de la Suisse, et le dossier était à bon point. Mais à la suite de sa convocation à Amsterdam, de la part de la Gestapo, elle se rend compte que laffaire naurait pas eu dissue positive. Elle sadresse aussi à lEspagne.
Entre temps Soeur Bénédicte est toute plongée dans létude et dans la contemplation des oeuvres de S.Jean de la Croix (sur demande de sa supérieure, en vue dune publication pour le 4ième centenaire de la mort du Saint,1942). "Dans la conclusion de son analyse sur le Cantique Spirituel on peut lire tout son destin, discerner la lumière de la Croix par laquelle elle sera éclairée la nuit mystérieuse de sa fin: 'Le mariage spirituel de lâme avec Dieu, but pour lequel elle a été créée, est acheté par la Croix, consummé sur la Croix et scellé pour toute léternité avec le sceau de la Croix'" (17).
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peinture de Rudolf Brückner |
Voilà, en synthèse, la partie finale du drame: lannée 1942 marque le début des déportations en masse des juifs vers lEst: camps de travail, mines de sel, chambres à gaz. Devant ces événements de férocité incroyable, les Evêques de lEglise de Hollande, en accord avec lEglise Réformée, envoient au Commissaire du Reich un long télégramme de protestation (11 juillet 1942).
A la suite de cette démarche, le Chef nazi se dit disposé à ne pas toucher ces chrétiens dorigine juive qui peuvent démontrer leur appartenance à une communauté chrétienne avant le janvier 1941. Les Evêques jugent complètement insuffisante cette réponse, parce quelle naffronte pas le problème de fond, les déportations de masse et, daccord avec la plupart des ministres protestants, ils font lire dans toutes les Eglises du pays (dimanche 26 juillet) une lettre pastorale, dans laquelle on rapportait la protestation et le pressant appel du télégramme. En outre on mentionnait lentrevue avec le Commissaire du Reich, et on concluait par un ardent appel à la prière pour une paix juste et pour le peuple juif si durement éprouvé.
Conclusion? Le matin du 2 août 1942, le Commissaire du Reich ordonne que tous les religieux et toutes les religieuses non aryens, présents dans les couvents hollandais soient emmenés. Et laprès-midi de ce même jour, la Gestapo vient arrêter les deux soeurs Stein. En peu de minutes elles doivent quitter le couvent. Toute protestation de leur Supérieure est inutile.
Les dernières paroles de Soeur Bénédicte, en quittant le Carmel, sont adressées à sa soeur. "Viens, lui dit-elle en prenant sa main, allons pour notre peuple!".
Le soir même le Commissaire adjoint Schmidt fait une déclaration officielle selon laquelle, ayant lépiscopat catholique réfusé de respecter le secret des négotiations, les autorités allemandes se voient obligées de "poursuivre les catholiques juifs, comme leurs pires ennemis, en assurant leur déportation vers lEst, le plus tôt possible".
Edith fut conduite pendant quelques jours au camp hollandais de Westerbork, et puis, le 7 août, fut acheminée avec les autres juifs, sur un train plombé, à Auschwitz. Ces éléments nous donnent la certitude quEdith Stein a été arrêtée et deportée en tant que catholique juive, et pas simplement comme juive, pour représailles contre lEglise catholique de Hollande.
Pour les juifs catholiques déportés il y eut un traitement, si possible, encore plus dur que pour les autres. A Auschwitz-Birkenau, à larrivée du convoi, le 9 août 1942, les soeurs Stein sont introduites, avec les autres déportées, dans la chambre à gaz.
Dans la dernière lettre quelle avait réussi à faire parvenir, en tant que déportée, au Caemel dEcht, elle avait écrit: "On peut acquérir une "Science de la Croix" [cétait le titre de son dernier livre, resté inachevé], seulement si lon commence à souffrir vraiment du poids de la Croix. Jen ai eu lintime conviction dès le premier instant, et du profond de mon coeur jai dit: 'Je vous salue, ô Croix, mon unique espérance!'" (18).
Dans le tunnel de la mort, le coeur dEdith palpite: "La Croix est toute lumière: le bois de la Croix est devenu lumière du Christ" (19).
NOTES
1 Ibid.
2 Ibid.
3 J.Sullivan ocd., Edith Stein défie les catholiques , en Symposium international, Teresianum, Octobre 1999,
www.ocd.pcn.net/edsi_htm.
4 - J.Bouflet,o.c., p.173.
5 Ibid.
6 J.Bouflet,o.c.,pp.222-223.
7 Id., p.224
8 E.De Miribel, Edith Stein, Paoline, Milan 1987, p.120.
9 J.Sleiman, o.c.d.
10 - J.Bouflet, o.c.d.
11 E.De Miribel, o.c., p.182.
12 J.Bouflet, o.c., p.257.
13 Id.
14 Id.
15 J.Sleiman, o.c.d.
16 J.Bouflet, o.c., pp.287-288.
17 E.De Miribel, o.c., pp. 192-193.
18 Id., p. 207.
19 Id., p. 212.
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